5.05.2018

LECTURES : Portrait d'une féministe: Chimamanda NGOZI ADICHIE


J'ai commencé par connaître Chimamanda Ngozi Adiche via les réseaux sociaux et notamment sur des vidéos interviews qui ont beaucoup circulés. J'ai tout de suite été séduite par cette belle femme, noire, élégante, intelligente, dégageant quelque chose de très fort.  J'ai donc creusé un peu et ai été marquée par son style tout à fait original : en finesse et constitué de vêtements essentiellement Made in Nigeria. Quelle belle audace ! 
Plutôt que de la découvrir via des articles de presse, j'ai décidé de me tourner vers ses lectures.  J'ai préféré me faire ma propre opinion sur l'auteur avant d'être totalement influencée par la presse.

Voici donc le début du portrait d'une féministe exemplaire: Chimamanda Ngozi Adiche.0



NOUS SOMMES TOUS DES FÉMINISTES
+ LES MARIEUSES
"Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j'aimerais aujourd'hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement."
Dans Nous sommes tous des féministes, Chimamanda Ngozi Adichie aborde le sujet controversé du féminisme avec lucidité, éloquence et humour lors d'une conférence TEDxEuston consacrée a l'Afrique donnée en décembre 2012. C'est cette conférence qui est retranscrite dans cet ouvrage.
Dans son discours, Chimamanda prouve avec quelques exemples de son vécu en quoi "le féministe fait à l'evidence partie des droits de l'homme, mais se limiter à cette vague expression des droits de l'homme serait nier le problème particulier du genre".

Pour Chimamanda sont féministes toutes ces femmes qui ont suffisamment de recul sur tous ces préjugés du genre et qui savent dire stop. Sont féministes toutes ces femmes qui assument leur féminité apparente sans pour autant alimenter les clichés auxquels elles ne s'identifient pas. Ces femmes qui assument ce qu'elles sont et non ce que la société veut qu'elles soient. Et sont féministes tous ces hommes qui ont suffisamment de recul pour voir ces absurdités et ne pas les accepter. 
Les Marieuses est une petite nouvelle qui suit le discours présenté dans Nous sommes tous féministes et qui illustre parfaitement les propos évoqués. 
C'est une histoire tristement réelle qui retrace l'histoire d'une jeune femme piégée par sa culture, ses traditions et sa condition de femme. Cette jeune femme va se marier avec un homme qu'elle connait à peine et le rejoins en Amérique où elle découvre une autre vie et réalité qui va tout bousculer. 

C’était pour moi une première approche de ce à quoi peuvent ressembler les oeuvres de Chimamanda Ngozi Adiche et son "combat". J'ai donc creusé d'avantage en poursuivant avec la lecture de L'Hibiscus Pourpre.


L'HIBISCUS POURPRE
"A la maison la débâcle a commencé lorsque Jaja, mon frère, n'est pas allé communier et que Papa a lancé son gros missel en travers de la pièce et cassé les figurines des étagères en verre". Kambili vit dans une famille nigérienne aisée avec son frère aîné Jaja. Leur père est un catholique fondamentaliste, très respecté par la communauté d'Enugu. Mais lorsqu'un coup d'Etat contraint Kambili et Jaja à trouver refuge chez Tatie Ifeoma, ils découvrent un foyer bruyant et plein de vie et leurs illusions sur l'autorité religieuse et paternelle tombent. Commence alors un douloureux combat pour s'affranchir du passé"
Mon opinion:

Cette oeuvre aussi était pour moi d'une dureté incroyable. Au fur et à mesure que l'on avance dans ce roman, on ne peut s’empêcher de s'interroger sur la possibilité (voir la probabilité) des faits présentés dans l'histoire et de faire le rapprochement avec le passé de Chimamanda. 
L'histoire racontée dans l'Hisbiscus Pourpre laisse au lecteur un goût amer dans la bouche tant elle peut être réalisable. 
Dans cet autre ouvrage de Chimamada il est aussi question d'affranchissement. Mais non pas d'un affranchissement du passé, mais plutôt selon moi de l'affranchissement d'une condition sociale horrible déguisée et justifiée par la religion. 
Le lecteur plongé dans la peau de "Kambili" ne peut que ressentir de la compassion pour ce personnage principal car Chimamanda a cette façon bien spéciale de dédramatiser des faits d'une gravité énorme et d'accumuler et de succéder des aberrations à l’infini qui  ne font que révolter d'avantage le lecteur. 

A travers les pages de l'Hibiscus pourpre j'ai découvert une autre culture. J'ai appris dans cet ouvrage un tas d'expressions nigériennes, notamment grâce à un lexique qui reprend tous les mots et expressions utilisées. Une idée judicieuse selon moi qui permet au lecteur de se familiariser à cette culture nigérienne incontestablement riche. 


A travers ces deux lectures j'ai découvert un auteur qui refuse de se conformer, à la fois par sa plume, par sa vision du monde et par son apparence. En plus d'être une militante passive (* et je reviendrais probablement sur ce point lors d'un prochain article), Chimamanda Ngozi Adiche a une façon bien a elle de ramener à la réalité ses lecteurs en "dessinant" des portraits de vies qui heurtent avec la norme et les clichés.

Je recommande mille fois. 
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